Cartes de l'Oracle.
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La découverte de l'Oracle par Belline.

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La découverte de l'Oracle par Belline.

Message par Siburdroc le Ven 31 Oct - 23:30

Bonjour,

Contrairement au nom que porte l'Oracle, ce n'est pas Belline lui-même qui en est à l'origine mais un certain Jules Charles Ernest Billaudot, plus connu sous le nom du Mage Edmond.

Pour comprendre ce que Belline vient faire dans tout ça, voici un extrait de son livre "histoires extraordinaires d'un voyant" aux éditions "j'ai lu" collection "l'aventure mystérieuse" n°A 345.

A peine lui avais-je serré la main que j'aurais pu dessiner sa vie : une simple ligne droite.
C'était une femme d'une soixantaine d'années, encore robuste et fraîche, avec cet oeil aigu des vieilles Parisiennes, habituées à observer, à regarder, à tirer leurs petites conclusions et à rire des malheurs sans importance plutôt qu'à en pleurer. Une existence sans remous, sans traverse, sans aventure exaltante, avait conduit cette personne tout naturellement vers la partie déclinante de sa vie. Dotée d'assez d'argent pour être sans soucis, elle n'en avait pourtant pas assez pour faire des folies, mais les folies, apparemment, étaient bien éloignées de son esprit.
- Chère madame, lui dis-je, je suis presque surpris de vous trouver en face de moi. Vous êtes une femme sans complication, sans inquiétude, ce dont je vous félicite. Sans doute, êtes-vous seule dans la vie. Vous n'avez jamais rencontré celui qui aurait pu être votre compagnon. Beaucoup en auraient fait un drame, mais pas vous. Vous êtes l'exemple même du sujet « neutre », venu me trouver dans une période « neutre ». Voyez-vous, il existe deux courants distincts dans l'existence humaine : le grand destin et le petit destin. Si le grand destin englobe les événements importants, tributaires de cette inconnue que l'on appelle parfois hasard ou providence, le petit destin, lui, est celui sur lequel doit jouer notre volonté, surtout si nous sommes dans une période neutre de notre vie. Je m'explique : vous, madame, par exemple, si vous vouliez qu'il y ait un peu de mouvement dans votre existence, il vous faudrait le provoquer! Je ne suis pas homme à vous inventer des aventures flatteuses dans le passé ou des fortunes miraculeuses dans l'avenir. Ne vous désolez pas. Je sais bien que, parfois, on rêve un moment d'échapper à la grisaille du quotidien, mais croyez-moi, votre sort est enviable. Tant de gens se débattent dans l'inextricable. Il y a tant de souffrances sans remède, de maladies sans pardon...
A mesure que je parlais, je voyais le visage de ma visiteuse s'éclairer. Je crus même qu'elle allait applaudir!
- C'est vrai! s'écria-t-elle. Tout ce que vous me dites est parfaitement vrai! Vous êtes celui que je cherche depuis très longtemps, je vous fais mon héritier. Oh, quand je parle « d'héritage »..., il ne s'agit pas d'une fortune. Vous me l'avez dit tout à l'heure, je ne suis ni riche ni pauvre et je n'ai aucun trésor à transmettre. Non, ce que je veux vous donner, ce que je « tiens » à vous donner, ce sont des papiers qui datent de plus d'un siècle. Ils ont tous appartenu à quelqu'un qui exerçait une profession semblable à la vôtre. Voilà bien longtemps, monsieur, que je cours les voyants pour en trouver un digne de cet héritage. Pourquoi se sont-ils tous crus obligés de m'annoncer monts et merveilles? Sans doute par crainte de me décevoir en me disant ma petite vérité bien terne et bien plate! Moi, pourtant, j'attendais celui qui aurait le courage de me la dire, cette petite vérité-là!
Elle me donna ensuite son adresse et me quitta, manifestement très satisfaite.
Dans les semaines qui suivirent, fort occupé par mes activités, je ne donnai pas signe de vie. Par ailleurs, la perspective de trouver une place à ces nouveaux papiers dans mon bureau déjà très encombré ne m'incitait guère à me manifester. Le souvenir de la dame « à la petite vérité bien terne et bien plate » avait fini par s'estomper, lorsqu'un jour celle-ci me téléphona.
- Venez, me dit-elle abruptement. Venez demain, ou sinon je brûle tout.
Je la sentais déçue par ma négligence, j'en avais du regret. Le lendemain matin, à 10 heures précises, je me trouvais chez elle. Il me semblait que j'avais quelque chose à me faire pardonner et avant qu'elle ne me montre les fameux documents, je lui offris une bague ornée d'une petite émeraude, que je tenais d'une parente.
- Vous m'avez donné votre confiance, lui dis-je, laissez-moi vous en remercier.
Emue par ce cadeau, elle me remercia vivement et m'entraîna ensuite dans la pièce voisine pour que je prenne connaissance des précieux documents.
Si j'avais redouté de trouver tout un fatras de vieux papiers, voilà qu'au contraire je découvrais le remarquable travail effectué par l'un de mes prédécesseurs dans la voie difficile où je m'étais moi-même engagé. En effet, il s'agissait bel et bien des manuscrits du fameux Edmond, disciple de Mlle Lenormand, l'un des grands voyants du XIXe siècle. Dès l'âge de dix ans, Edmond avait montré des dispositions marquées pour l'astrologie. Je m'aperçus avec étonnement qu'il avait commencé sa carrière au n° 30 de la rue Fontaine alors que moi aussi, depuis de longues années, je travaille au n° 45 de cette même rue. La coïncidence m'émut et me troubla. En poursuivant le dépouillement des documents, je trouvai deux jeux de cartes, deux tarots d'une très grande beauté. Edmond les avait dessinés lui-même avec une telle richesse d'invention, une telle liberté de traits, une telle fraîcheur de coloris, qu'ils étaient de véritables objets de collection. Il les avait également annotés de sa propre main, commentant chaque image d'une petite écriture ferme et limpide.
Au cours de l'Histoire, l'un de ces jeux servit à prédire l'avenir à Napoléon III, l'autre fut employé pour Victor Hugo; Edmond rassemblait en effet dans sa clientèle le pouvoir et l'opposition!
A peine avais-je touché ces cartes, que je ressentis aussitôt une brûlure à la main. Quelque chose se transmettait d'elles à moi; décidément, j'étais bien l'héritier d'Edmond!
Il m'arrive aujourd'hui d'utiliser parfois l'un de ces jeux pour une consultation; c'est un support merveilleux, un précieux recours dans les cas difficiles. Après un siècle, Edmond n'a pas tout à fait disparu de la rue Fontaine.
Un jour, quelqu'un me proposa un prix fort élevé pour ces jeux. Je refusai. On ne se sépare pas d'un héritage spirituel. Après quelques hésitations, je consentis cependant à les laisser reproduire. Un exemplaire unique peut se perdre, être volé, disparaître dans un incendie, et il fallait protéger les tarots contre ces risques. Je ne veux pas être le dernier héritier d'Edmond.

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